Liverpool Biennial [2010]
Liverpool Biennial [2010]

Liverpool Biennial [2010]

Tactful rituals
DU 18 SEPTEMBRE AU 28 NOVEMBRE 2010

Exposition québécoise présentée dans le volet City States de la Liverpool Biennial
Galerie Aghafar du Novas Contemporary Urban Center
41-51 Greenland Street, 3e étage, Liverpool, Angleterre

Heures d’ouvertures : Lundi au Samedi de 11 h à 18 h, Dimanche de 11 h à 16 h

Vernissage : 17 septembre, de 12 h à 15 h

Dans le cadre de City States, le pavillon d’expositions internationales de la Liverpool Biennial, Manif d’art – la biennale de Québec présente l’exposition Tactful Rituals du 18 septembre au 28 novembre 2010 à la galerie Aghafar du Novas Contemporary Urban Center. Sous la direction de Claude Bélanger et le commissariat de Sylvain Campeau, l’exposition regroupe 9 artistes en arts visuels du Québec qui utilisent le corps comme objet de création. Les propositions, de disciplines multiples, abordent un éventail de pratiques qui témoignent d’un caractère artistique présent dans le milieu de Québec.

La présentation de Tacful Rituals en sol britannique relève d’un échange inter biennales entre la biennale de Québec et celle de Liverpool. Le premier volet de cet échange avait mené à la présentation du collectif d’artistes liverpuldien Jump Ship Rat lors de la 5e édition de Manif d’art en mai 2010 à Québec. Les deux biennales en sont à leur deuxième collaboration de ce genre (en 2008, Manif d’art avait présenté l’exposition Vue sur Québec pendant l’événement britannique et celui-ci avait présenté l’œuvre Milk Float pendant Manif d’art 4).

Présentation de Tactful rituals

Annie Baillargeon
Martin Dufrasne / Carl Bouchard
Claudie Gagnon
Massimo Guerrera
Adad Hannah
Manon Labrecque
Catherine Sylvain
Julie Andrée T.

On est immanquablement, devant une œuvre dérangeante et stimulante tout à la fois, mis en demeure et en mode de réaction affective. On est remué, mis en motion au niveau des sentiments comme à celui de la raison ou même dans notre corps; directement ébranlé dans notre seule présence physique, mis en demeure dans notre être-là. Tout cela ressort du contact particulier que nous créons avec l’œuvre. Mais il y a plus maintenant, dans l’art actuel, que la simple placidité des œuvres pour nous rejoindre. Elles sont de plus en plus de véritables théâtres d’opérations où le corps et l’action de l’artiste ont eux-mêmes un sens dont l’œuvre est à la fois l’expression et le dépositaire. L’œuvre apparaît mobilisée au sein d’actions, manœuvres et performances qui la font être et sans lesquels elle ne saurait exister.

Ici, images photographiques (Bouchard/Dufrasne, Baillargeon), œuvres vidéographiques (Labrecque, Hannah), sculptures issues du corps (Sylvain), installations en lien ou non avec une activité de performance (Julie Andrée T., Gagnon), restes de contacts manœuvriers (Guerrera), s’uniront pour tous en revenir à des échos du corps et de sa matérialité. Que ce soit touché par la vue et ses prothèses actives (Labrecque), par la matière par lui mise en forme et en mouvement (Sylvain), catalyseur d’actions dont objets et traces sont le passage obligé (Guerrera), cloné au centuple et organisé en icône (Baillargeon), le corps sera animé et mis en contact, évoqué et mis à l’épreuve dans ces cérémonials, élans vers les autres et vers les signes que le rendent présent.

L’exposition Tactful Rituals s’inscrit dans l’optique de City States, proposant un regard sur l’esthétique particulière, différente de celle de Montréal, par exemple, mais irradiant sur le reste de la province de Québec, qui s’est développée dans la ville de Québec. Si les artistes ici réunis n’y travaillent pas tous, ils sont, côté influence esthétique, au diapason de l’esprit de cette ville. Car celle-ci a en effet été le théâtre de questionnements concernant un art de contexte, interpellant plus directement le public, résultant en une exploration marquée pour des formes de performance plus intrusives: manœuvres, happenings, constructions de situations ou encore, comme l’écrit Guy Debord constructions concrète d’ambiances momentanées de la vie, et leur transformation en une qualité positionnelle supérieure. Force est de constater que même si de telles pratiques sont monnaie courante dans les créations contemporaines, la volonté partagée par plusieurs artistes et collectifs de Québec d’afficher une attitude plus intrusive ou interactive, est motivée par le désir de s’inscrire dans le tissu urbain par des actions concrètes qui font œuvres.

– Sylvain Campeau, commissaire

Sylvain Campeau est poète, critique d’art, essayiste et commissaire d’exposition. Il a publié 5 recueils de poésie, un essai sur la photographie (Chambres obscures. Photographie et installation) et une anthologie de poètes québécois (Les Exotiques, Herbes rouges, 2003.. Son essai Chantiers de l’image sera publié sous peu aux éditions Nota Bene.

En qualité de critique d’art, il a collaboré à Parachute, ETC Montréal (devenu ETC), C Magazine, Vie des arts, CV Photo (devenu Ciel Variable), Spirale. à ce titre et à celui d’essayiste, il est l’auteur de nombreux textes parus dans des monographies d’artiste, des catalogues d’expositions et des revues étrangères (France, Espagne). De concert avec ces activités, il est en plus commissaire indépendant d’exposition. Depuis 1992, il a ainsi été l’instigateur et le maître d’œuvre de quelque 30 expositions présentées tant au Canada qu’à l’étranger. L’exposition collective Péripéties est actuellement en tournée dans les Maisons de la Culture de Montréal et il présentera Captatio Oculi à Séquence en 2011.

LES ARTISTES

ANNIE BAILLARGEON
Orbite d’échanges optionnels, 2006
Série Anamorphoses systémiques
Impression jet d’encre sur papier
© Annie Baillargeon

Annie Baillargeon est une artiste qui vit et travaille à Québec. Son travail en solo englobe, la photographie, l’installation, la vidéo et la performance. Elle fait également partie du collectif Les Fermières Obsédées dont les performances et les manœuvres insufflent depuis 2001 une indiscipline au genre de l’art action. Utilisant le corps humain en tant que motif, elle le réduit à une échelle infiniment petite.

BOUCHARD ET DUFRASNE
Défense de cracher, 2007
épreuve numérique
Photo : Paul Cimon © Carl Bouchard / Martin Dufrasne

Le travail de Carl Bouchard / Martin Dufrasne aborde les thèmes de l’identité, de l’altérité, de la dualité des jeux de pouvoir, ainsi que les notions de collectivité et d’engagement. Par l’exploration de diverses formes de couplages (frères, amants, jumeaux, duellistes, siamois, ennemis, etc.) où ils se mettent eux-mêmes en scène, ces artistes explorent les dynamiques que conditionne la relation entre deux personnes liées l’une à l’autre. Leurs « installactions » (gestes et actions en installation) sont conçues comme des épreuves.

CLAUDIE GAGNON
Passe-moi le ciel, 1998
Vidéogramme couleur, 1/1
4 minutes en boucle, sonore
Collection Musée national des beaux-arts du Québec (2009.87)
© Claudie Gagnon

Claudie Gagnon vit et travaille à Issoudun. Elle est autodidacte et s’occupe, depuis 1985, à ramasser, assortir, empiler, trafiquer, accumuler et manigancer des machins, trucs et babioles, animée par les choses du quotidien. Son travail se présente soit sous forme d’installations, soit de tableaux vivants. La nourriture a toujours pris une place importante dans ses créations, elle en a lancé, fait manger, laissé pourrir, fait des tapis et du papier peint. Son travail a été présenté au Québec, au Canada, en France, en Italie, en Chine et au Mexique.

MASSIMO GUERRERA
La réunion des pratiques, 2007
Installation
© Massimo Guerrera

Au Québec, Massimo Guerrera est le pionnier de ce qu’on appelle désormais l’«esthétique relationnelle», c’est-à-dire d’un art où la rencontre avec l’autre devient, plus qu’un simple sujet à représenter, un véritable matériau à mettre en œuvre. Il utilise l’alimentation comme métaphore principale pour mettre en forme cette idée de transformation continuelle et d’ingestion des autres.

ADAD ANNAH
Dinner Date, 2007-2010
Vidéo
© Adad Hannah

Adad Hannah est né à New York. Il a grandit entre les villes d’Israël, London et Vancouver. Il est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts du Emily Carr Institute of Art and Design et d’une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. L’artiste est surtout connu pour ses vidéos enregistrées telles des tableaux vivants afin de saper l’image photographique.

MANON LABRECQUE
Cri, 2010
Vidéo
© Manon Labrecque

Manon Labrecque a une formation en danse contemporaine et en arts visuels. Au cœur de la démarche de cette artiste, aujourd’hui reconnue comme l’une des plus importantes représentantes de l’art vidéo au Québec et au Canada, les systèmes distincts du corps, de la machine et des procédés vidéo se rejoignent dans l’expression d’une préoccupation récurrente : le mouvement et ses mécanismes. La pratique de Manon Labrecque est liée à des gestes, des actions et des sons qui jouent en boucles; elle s’appuie également sur des machines et des objets qui s’activent, tournoient et s’emballent parfois.

CATHERINE SYLVAIN
Femme-Chien, 2003
Sculpture performative
© Catherine Sylvain

Catherine Sylvain est originaire de Québec, et vit à Montréal. Par une pratique axée sur la sculpture performative, les interventions urbaines et l’installation, elle explore les notions d’identité et d’écart entre être et paraître. Elle utilise la sculpture comme outil servant à mettre en contexte le corps humain afin d’engendrer un questionnement sur notre manière de nous approprier l’espace autour de nous et en nous, et d’y inscrire notre identité. Elle crée ainsi des objets qui sont des étendues et des extensions corporelles.

JULIE ANDRéE T.
Falling from the sky, 2010
Performance
Photo : Nelim © Julie Andrée T.

Situant le corps et l’espace au cœur de sa recherche, Julie Andrée T. se manifeste en installation et en performance. Entre le poétique et le quotidien, son travail propose des zones communes abstraites, mais reconnaissables. Son œuvre possède la vigueur d’une carrière encore jeune et l’expérience que prodigue un esprit et un corps qui n’ont pas froid aux yeux. Ses installations représentent soit des traces de son passage insistant et débridé dans l’espace soit des dispositifs expérientiels permettant aux sujets – les visiteurs de l’exposition – de se prêter à divers contextes stimulants.