Festival Cultural de Mayo, Mexique [2012]
Festival Cultural de Mayo, Mexique [2012]

Festival Cultural de Mayo, Mexique [2012]

Candide/Candido
Dans le cadre du Festival Cultural de Mayo

Du 12 mai au 15 juillet 2012

Artistes : Claudie Gagnon, Cooke-Sasseville, Dan Brault, Doyon-Rivest, Jean-Pierre Gauthier, Jérôme Fortin, Jocelyn Robert, Raphaëlle de Groot

Directeur : Claude Bélanger
Commissaire : Sylvain Campeau
Chargée de projet : Juli Dutil
Designer graphique : Guillaume Laroche
Traducteur : Jeff Moore

Lieu : l’Hospicio Cabañas, édifice classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, à Guadalajara au Mexique

L’exposition

Candide/Candido emprunte son titre au conte à connotations morales de Voltaire, lui-même intitulé Candide ou l’Optimisme, œuvre littéraire considérée comme une satire de la nature humaine. Mon intention est cependant tout autre.

La portée critique des œuvres d’art est, dans le discours actuel, souvent mesurée à l’aune d’une finalité de déconstruction et de mise en procès. L’œuvre d’art veut déranger les certitudes acquises et les conditions formelles grâce auxquelles un objet d’art se présente et se dit d’art. Or, à ainsi considérer les choses, il faut aussi reconnaître que ces certitudes acquises et ces modalités formelles sont encore une force active pour qu’on se sente encore et toujours tenu de les dénoncer et les déconstruire. À toujours et encore les sentir agir et en faire le fond sur lequel les œuvres doivent se détacher, nous avouons leur prégnance et leur rémanence. Du coup, ne ressortent-elles pas renforcées du processus déconstructionniste? Et ne tombons-nous pas dans le piège de la reprise et de la redite?

Voilà pourquoi il m’est apparu nécessaire de tenter, dans la présente exposition, de contourner cette difficulté en choisissant la candeur et la transparence. Les œuvres que présenteront les artistes sélectionnés, ne se présentent pas comme porteuse d’un élan critique de déconstruction. Bien au contraire, ces artistes préfèrent en général épouser au plus proche, et non mettre à distance formelle et en procès, le propos qu’ils souhaitent illustrer. On sait bien que cela n’est qu’apparence. Mais ce n’est pas ce qui saute d’abord aux yeux! Les formes proposées, les objets reproduits ou créés, les stratégies employées ne sont pas d’abord une mise en doute. Stratégies communicationnels de la publicité chez Doyon-Rivest, livres et œuvres de papier chez Jérôme Fortin, objets obtenus à l’aide de collecte pour Raphaëlle de Groot, ready made dé- et refonctionnalisés sortis de l’imagination de Michel De Broin : la magie de tous ces travaux opère d’abord sur la base d’une familiarité et d’une connaissance acquise au sein même de nos existences quotidiennes. Rien de tout ce qui nous est présenté par eux ne nous semblent d’abord étrangers. Ces objets, ces manières de faire, nous les reconnaissons comme part de notre quotidienneté. Nous les approchons avec confiance. Et nous les voyons conjuguer leur sens premier avec un autre imposé par le traitement qu’il leur fut infligé.

Cette exposition souhaite insister sur cette communauté possible entre spectateurs et objets d’art; ainsi que sur la dérive signifiante qui s’empare des premiers quand ils sont piégés par les seconds.

– Sylvain Campeau, commissaire

Sylvain Campeau est poète, critique d’art, essayiste et commissaire d’exposition. Il a publié 5 recueils de poésie, un essai sur la photographie (Chambres obscures. Photographie et installation) et une anthologie de poètes québécois (Les Exotiques, Herbes rouges, 2003). Son dernier essai, Chantiers de l’image, sera publié cet automne aux éditions Nota Bene.

En qualité de critique d’art, il a collaboré à Parachute, ETC Montréal (devenu ETC), C Magazine, Vie des arts, CV Photo (devenu Ciel Variable), Spirale. À ce titre et à celui d’essayiste, il est l’auteur de nombreux textes parus dans des monographies d’artiste, des catalogues d’expositions et des revues étrangères (France, Espagne). De concert avec ces activités, il est en plus commissaire indépendant d’exposition. Depuis 1992, il a ainsi été l’instigateur et le maître d’œuvre de quelque 30 expositions présentées tant au Canada qu’à l’étranger, réalisant entre autres la programmation Espaces vitaux/Extravagances pour les écrans de la salle des arrivées de l’Aéroport Montréal-Trudeau et participant à l’événement La Saison du Québec en France en 2000 de même qu’à la Biennale de Liverpool en 2010.

Les artistes

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Claudie Gagnon
Claudie Gagnon vit et travaille à Issoudun. Elle est autodidacte et s’occupe, depuis 1985, à ramasser, assortir, empiler, trafiquer, accumuler et manigancer des machins, trucs et babioles, animée par les choses du quotidien. Son travail se présente soit sous forme d’installations, soit de tableaux vivants. Ses installations se composent d’accumulations d’objets ordinaires d’usage domestique. À la fois charmantes et inquiétantes, elles hésitent entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Présentés sous forme de performances théâtrales sans paroles, ses tableaux vivants proposent des enchaînements de saynètes incarnées par des comédiens. Leurs thèmes sont inspirés par l’histoire et la culture populaire et les procédés qu’ils mettent en oeuvre sont empruntés au langage classique de la peinture, du théâtre et de la musique. Son travail a été présenté au Québec, au Canada, en France, en Italie, en Chine et au Mexique. Depuis 2000, ses deux spectacles-installations pour jeune public sont en tournée au Canada, en Asie et en Europe.

Cooke-Sasseville-mourir-enfinCooke-Sasseville
L’art de Cooke-Sasseville est empreint d’un humour tantôt absurde, tantôt cinglant et parfois franchement cynique. Par des thématiques proches de nos préoccupations quotidiennes – quête du bonheur, relations amoureuses, sexualité –, leurs œuvres convoquent l’ordinaire et le banal, mais prennent souvent forme dans une facture et des mises en scène nettement surréalistes. Ainsi des installations aux éléments de dimensions démesurées ou des ménageries de poules orange, de chat et d’éléphant roses font-elles partie de l’univers loufoque des artistes (Sylvette Babin, revue esse) Leurs travaux ont été montrés dans le cadre de Manif d’art 5 à Québec, de même qu’ à Québec Gold à Reims, en France, à la Triennale québécoise du Musée d’art contemporain de Montréal et au cours de l’événement Orange, à St-Hyacinthe. De cette ménagerie des objets parfois kitsch que les artistes proposent et dont ils font mise en scène et installation, émane une sourde angoisse. Comme si le duo savait donner dans le grotesque existentiel…

Dan-Brault-Painters-zoo_01Dan Brault
Né à Montréal, Dan Brault vit et travaille dans la ville de Québec. Il a étudié la peinture et le dessin à l’Université Concordia et a obtenu un diplôme avec un baccalauréat en arts visuels en 2002 et a fini une maîtrise à l’Université Laval en 2006. Il a présenté son travail dans des galeries publiques reconnues et dans des centres d’artistes un peu partout au Canada. Représenté par la Peak Gallery de Toronto, il a présenté ses oeuvres lors de la 10e édition de la Biennale de Sharjah aux Émirats arabes unis en mars 2011. La pratique de Dan Brault est fondée sur la confrontation d’images aux origines esthétiques diverses et issues tout droit des codes, de l’histoire et des courants esthétiques du médium pictural. De ceux-ci, s’ensuit une production de peintures dans des styles et des techniques variant de la peinture de hard edge à la bande dessinée, en empruntant à des genres classiques comme l’abstraction gestuelle ou la nature morte. Cet artiste est intéressé par l’idée d’impliquer le spectateur dans une expérience puissamment visuelle et complexe dont le dynamisme devient le message. Les dix tableaux créés pour l’exposition Candide / Candido proposent une lecture en chassé-croisé de styles et figures issus de courants esthétiques différents, selon un mode de présentation installatif qui en catalyse l’énergie créatrice et l’effet cumulatif.

Doyon-Rivest-LogopagusDoyon-Rivest
Doyon-Rivest est un collectif d’artistes fondé en 2000 à Québec. Mathieu Doyon est artiste en arts visuels et musicien, tandis que Simon Rivest est graphiste et directeur artistique en publicité. Leur pratique se développe comme une marque de commerce artistique et le logo qui leur sert de signature en est l’ancrage. De nos jours, le vocabulaire esthétique du commerce est un langage compris de tous, universel. Les grandes marques tentent par d’innombrables moyens de tisser des liens affectifs avec leur clientèle afin de leur proposer non plus un produit, mais bien une « expérience ». C’est cette communication et ses canaux qui intéressent le duo. Au cours des dernières années, leurs travaux ont été présentés à la Triennale québécoise du Musée d’art contemporain de Montréal, à Manif d’art 4, la Biennale de Liverpool, ainsi qu’à Québec Gold à Reims, en France.

Jean-Pierrre-Gauthier-HypoxiaJean-Pierre Gauthier
Artiste québécois, présent sur la scène de l’art contemporain depuis le milieu des années 1990, Jean-Pierre Gauthier poursuit une démarche hybride intégrant arts visuels et exploration sonore. Virtuose du quotidien, patenteux de l’art contemporain, entomologiste du son, Gauthier voit, et entend, tout le potentiel sonore et métaphorique de l’objet trouvé. Ses installations cinétiques et sonores réfèrent au désordre, à l’organique, aux sinueux et à l’imprévisibilité. Gagnant du prestigieux prix Sobey Art Award en 2004 et récipiendaire du prix Victor Martyn Lynch-Staunton en 2006, il a présenté ses installations sonores en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Ses divers projets de musique et d’installations sonores ont été vus et entendus à travers le Canada, les États-Unis, la Norvège, la Suède, l’Allemagne, l’ Italie, la France, l’Espagne et la Corée.

Jerome-Fortin-Autoportrait-01Jérôme Fortin
Jérôme Fortin est né à Joliette en 1971, il vit et travaille à Montréal. Dans ses sculptures-installations, Fortin combine la pratique des cabinets de curiosités, (ces musées privés du XVIe siècle) à la pratique de consommation de masse des XXe et XXIe siècles. Depuis 1996, il a présenté plus d’une douzaine d’expositions personnelles à Prague, Pretoria, Tokyo, Paris, Toronto et Montréal. Il a participé à de nombreuses expositions collectives à Istanbul, Berlin, Bologne, Bruxelles, Paris, Cuba, Barcelone, Beijing et New York. Plusieurs résidences d’artiste sont à son parcours, notamment au World Financial Center Arts and Events (New York), Fondation Christoph-Merian (Bâle), Fonca (Mexico D.F.), la Cité internationale des arts (Paris), Ludwig Foundation de Cuba (La Havanne), Tokyo Wonder Site. En 2007, les travaux de Fortin ont fait l’objet d’une exposition personnelle au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM). Il a reçu en 2004 le Prix Pierre-Ayot de la Ville de Montréal.

Jocelyn-Robert-la-CeneJocelyn Robert
Jocelyn Robert vit à Québec. Il travaille en art audio, art informatique, performance, installation, vidéo et écriture. Il a réalisé plusieurs performances, aussi bien en solo qu’avec Diane Landry, Laetitia Sonami et Bruit TTV, a publié une quinzaine de CDs en solo et a participé à plus d’une vingtaine d’autres. Il a remporté en 2002 le Premier Prix, ex aequo, catégorie Image, de la Transmediale à Berlin, ainsi que le Prix du Rayonnement International décerné par le Conseil de la Culture de Québec en 2006. Il a présenté de nombreuses expositions en solo, en plus de collaborer avec Émile Morin et Daniel Jolliffe à la réalisation de plusieurs installations. Ses travaux ont été montrés au Canada, aux États-Unis, au Mexique, au Chili, en Australie et en Europe. Ses textes ont été publiés chez Le Quartanier (Montréal), Ohm Éditions (Québec), Errant Bodies Press (Los Angeles), Semiotext(e) (New York), ainsi que dans de nombreux catalogues d’événements artistiques, notamment Ars Electronica (Autriche) et Sonambiente (Allemagne). Dans ses œuvres, images et sons semblent souvent travailler au degré zéro, dans la magie tranquille de leur dépouillement, effets premiers de la perception sensible.

Raphaelle-DeGroot-1273-petites-chosesRaphaëlle de Groot
Raphaëlle de Groot est née en 1974 à Montréal, où elle vit et travaille. Elle explore, dans des lieux reliés à l’art (écoles d’art, musées, espaces d’exposition), des situations où elle implique directement le visiteur et des groupes d’étudiants dans des processus de création. Sa pratique artistique se voit régulièrement nourrie par des collaborations multi et interdisciplinaires. Ses travaux ont fait l’objet de plusieurs expositions individuelles au Canada et à l’étranger, les plus récentes étant Chantiers (Le Quartier, Quimper, France, 2008), Il volto interiore (Z2O Galleria – Sara Zanin, Rome, Italie, 2007) et Raphaëlle de Groot. En exercice (Galerie de l’UQAM, Montréal, 2006). Elle a aussi participé à de nombreuses expositions collectives dont Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Triennale québécoise, Musée d’art contemporain de Montréal, 2008), Rendre réel (Scène Québec, Ottawa, 2007), Negotiating Us, Here and Now (Leeds City Art Gallery, Angleterre, 2005), Just my Imagination (ArtLab, John Labatt Visual Arts Centre, University of Western Ontario, London, Canada, 2004) et « Nous venons en paix… » Histoires des Amériques (Musée d’art contemporain de Montréal, 2004).

Remerciements :
Conseil des arts et des lettres du Québec
Conseil des arts du Canada
l’Entente de développement culturel entre le Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et la Ville de Québec
Délégation du Québec à Mexico
Collection Loto-Québec
Musée d’art contemporain de Montréal