Semana Francófona, Chili [2004]
Semana Francófona, Chili [2004]

Semana Francófona, Chili [2004]

Semana Francófona (Chili)
DU 15 AU 21 MARS 2004

En 2004, Manif d’art de Québec présentait, en collaboration avec la Chambre blanche, une programmation canadiennne de vidéo dans le cadre de Semana Francófona au Chili. La programmation vidéo s’inscrivait dans la liste des activités culturelles présentées dans plusieurs villes du Chili durant l’événement, du 15 au 21 mars 2004. Célébrant la francophonie internationale et ses valeurs, une multitude de pays participaient à l’événement sous diverses formes en exploitant le thème de la ville. Pour sa part, le regroupement canadien présentait, au Centro Arte Alameda à Santiago au Chili le 17 mars 2004 et à l’Intendance regionale de Valparaiso au Chili le 18 mars 2004, une programmation vidéo proposant des œuvres vidéographiques de 9 créateurs du pays ;

  • Rumeurs ( Groupe Kiwistiti, Québec, Canada, prod. ONF, 2003, 6 min. 30 )
  • 12 Hours ( Rachel Echenberg, Québec, Canada, 2001, 7 min. 48 )
  • 7,163 mètres ( Paul Landon, Québec, Canada, 1998, 2 min. 20 )
  • Citérieur ( Boris Firquet, Québec, Canada, 2003, 14 min. 36 )
  • Le Temps qui détruit tout ( Patricia Pelletier et Marie-Claude Hébert, Québec, Canada, 2002, 3 min. 30 )
  • Barricades ( Istvan Kantor, Ontario, Canada, 1992, 11 min. )
  • Démocratie ( Sébastien Pesot, Québec, Canada, 2002, 5 min. 30 )
  • Duberrrger ( Nicholas Bolduc, Québec, Canada, 2001, 4 min. 09 )
  • World Trade Opera ( Alain Pelletier, Québec, Canada, 2003, 29 min. 30 )

[ …La ville. Une entité bien réelle qu’on peut analyser, étudier et critiquer. Ou vivre, tout simplement, comme plusieurs d’entre nous. La ville, ça se construit, ça se déconstruit. Bien difficile de s’immobiliser. Il faut bouger, circuler, marcher, aller de l’avant. Quitte à tourner en rond et s’essouffler. S’arrêter, en prendre le pouls, c’est notamment le rôle des artistes. ça dure alors 12 heures, le temps d’une performance presque extrême. La ville, on en parle beaucoup, on l’aborde par la poésie parce qu’on l’aime, mais aussi parce qu’elle peut être dure. Apparemment, on y voit rarement la vie en rose. On y vit, mais trop souvent à la course, entre manifestation, répression et guerre. La paix résiderait-elle en périphérie, à quelques pas du brouhaha, dans le calme de la banlieue ? ]

 

PROGRAMMATION
Une réalisation de Claude Bélanger, Jean Mailloux et François Vallée.
Durée totale : 1 h 25 min.

RUMEURS
Groupe Kiwistiti, Québec, Canada, prod. ONF, 2003, 6 min. 30

L’été dans une ville touristique, un homme est retrouvé gisant sur le sol. Un attroupement se forme autour de lui. Que lui est-il arrivé ? Chacun réagit à sa manière, mais personne ne songe une seconde à le secourir. Une satire sociale bouillonnante et colorée, à l’image des grandes villes.

« Kiwistiti » ? Voilà qui sonne comme le résultat d’un croisement entre un kiwi et un ouistiti. Dans les faits, il s’agit d’un collectif actif dans la production et la réalisation de film d’animation, fondé à Québec en 1998 par quatre jeunes artistes polyvalents. Francis Desharnais est dessinateur et graphiste, Annie Frenette est directrice de production, assistante à la réalisation et coloriste, Frédéric Lebrasseur et Philippe Venne sont musiciens et élaborent l’univers sonore. Véritables touche-à-tout, ils participent à toutes les étapes de création. Leurs talents s’additionnent, et se produit alors une étonnante chimie qui porte le nom de Kiwistiti.

12 HOURS
Rachel Echenberg, Québec, Canada, 2001, 7 min. 48

Une femme déambule dans la rue un matin froid d’hiver. Elle s’arrête soudainement et demeure immobile le reste de la journée. Le monde s’agite autour d’elle, des passants et des voitures défilent, certains s’arrêtent, y compris la police. Les yeux fermés, sa présence est imperturbable. On saisit son immobilité grâce au passage de la journée, 12 heures d’action / non-action.

Rachel Echenberg est une artiste de la performance et de l’art multidisciplinaire dont le travail explore la relation de l’intimité et les espaces publics. Elle a participé à des résidences d’artistes ainsi qu’à des ateliers au Québec et aux états-Unis tout en demeurant active au sein du collectif de la Performance Play Group. Depuis 1992, ses performances et oeuvres vidéo ont été présentées lors d’expositions, de symposiums et de festivals d’art à travers le Canada, la Suisse, la France, la Pologne, l’Italie, l’Espagne et le Japon.

7,163 MÈTRES
Paul Landon, Québec, Canada, 1998, 2 min. 20

« Cette vidéo constituait ma participation au projet de collaboration intitulé Lettres vidéos entre le Vidéographe à Montréal et ACJ à Bruxelles. 7,163 mètres répondait à une lettre vidéo d’Arno Monck, de Bruxelles. La vidéo est composée d’une série de panoramiques avec arrêts sur image tournés dans mon atelier, commençant avec un plan sur la fenêtre d’où l’on aperçoit les toits de Montréal. Le titre renvoie à la distance entre mon bureau et la fenêtre.» Paul Landon

Paul Landon est né en Angleterre en 1961. Il a complété un programme de deuxième cycle en arts plastiques à l’Académie Jan van Eyck aux Pays-Bas et détient une maîtrise en études médiatiques de l’Université Concordia à Montréal, où il vit depuis. Ses articles et essais sur l’art contemporain et les arts médiatiques ont été publiés dans des catalogues et des revues tel que Parachute et ETC Montréal. Il se consacre depuis 1984 à une production de bandes vidéographiques expérimentales et, depuis 1988, à des installations sonores et vidéo. Le travail de Landon, qui porte depuis quelques années sur l’idée du paysage comme construction sociale et psychologique, a été présenté à travers le monde. Paul Landon enseigne la vidéo et l’installation à l’école des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal.

CITÉRIEUR
Boris Firquet, Québec, Canada, 2003, 14 min. 36

Des fauteuils tournoient dans l’espace architectural recomposé par l’artiste, où les mobiliers deviennent immobiliers. Des espaces urbains se décomposent dans le brouillard de l’ennui hivernal. Le fou nous regarde, la télécommande est dans son cerveau et le monde est à ses pieds. Enfermé dans l’asile, du haut de son balcon, il nous observe « afessouillés » devant nos écrans domestiques. Un cri dit Justice, dans la cité enfermée en son propre intérieur. La violence est sourde mais détruit les enfants qui pleurent le mystère qui les tue.

Boris Firquet est un vidéaste réalisateur, monteur, caméraman, VJ, infographiste et concepteur multimédia. Il s’intéresse de près à la vidéo expérimentale depuis 1988 et surtout à la vidéo en direct sur scène depuis 1996. Son travail est diffusé internationalement. Impliqué dans le milieu des centres d’artistes, il pratique la video-live avec des musiciens électroniques improvisateurs. Il a aussi collaboré avec plusieurs artistes et centres à Québec comme artiste, concepteur, et consultant pour des productions vidéographiques, Web, CD-ROM, audio-art ainsi que du théâtre multidisciplinaire, des performances et installations médiatiques interactives. Il se considère autodidacte malgré quelques séjours institutionnels, dans des programmes d’arts plastiques, photographie, vidéo et multimédia.

LE TEMPS QUI DÉTRUIT TOUT
Patricia Pelletier et Marie-Claude Hébert, Québec, Canada, 2002, 3 min.30

Délire psychologique d’une jeune femme par l’évocation lunatique d’étranges souvenirs.

Patricia Pelletier et Marie-Claude Hébert détiennent toutes deux une maîtrise en arts visuels de l’Université Laval. Ensemble, elles ont réalisé la vidéo Thêmepeau qui a remporté en 2001 le Prix du Jury ( catégorie expérimentale ) au concours Vidéaste recherché(e) ( Québec ). Leurs œuvres communes ont été présentées dans plusieurs festivals d’ici et à l’étranger, notamment au Festival du Cinéma francophone en Acadie ( Nouveau-Brunswik ), aux Instants vidéo de Manosque ( France ), au Tokyo Video Festival ( Japon ) et à Colima ( Mexique ), dans le cadre d’une programmation rétrospective du festival Vidéaste recherché(e).

BARRICADES
Istvan Kantor, Ontario, Canada, 1992, 11 min.

Le 3 juin 1991, la police de New York encercle le légendaire Tompkins Square Park dans le Lower East Side, en expulse tous les sans-abris et leurs sympathisants, puis entoure le parc d’une barricade. Le vidéaste ajoute aux images de la barricade des textes, des animations par ordinateur et des performances acoustiques afin de condamner l’absurdité des lois des sociétés contemporaines. Ce sinistre épisode de la vie urbaine apparaît, pour Istvan Kantor, comme un indice significatif de l’approche d’une apocalypse.

Istvan Kantor, alias Amen, alias Monty Cantsin, est le fondateur du néoisme. Il œuvre dans plusieurs champs créatifs : le spectacle, la robotique, l’installation, le son, la musique et les nouveaux médias. En plus d’avoir présenté ses œuvres dans une multitude de festivals internationaux, Kantor a participé à l’exposition Vidéo / Sonorité au Musée des beaux-arts du Canada ( Ottawa ) et aux Cent jours d’art contemporain de Montréal en 1993. Son travail a également été présenté au Centre Pompidou de Paris en 1989 et à la Documenta & à Kassel en 1987. En novembre 2002, Pleasure Dome présentait à Toronto une rétrospective de son œuvre vidéo et performatif. Ses sujets de prédilection sont le déclin de la technologie et la lutte de l’individu contre la société dominée par la technologie. Kantor a vécu à Budapest, Paris, Montréal et New York. Il habite actuellement à Toronto.

DÉMOCRATIE
Sébastien Pesot, Québec, Canada, 2002, 5 min. 30

Vidéo expérimentale, témoin de la répression engendrée par la mondialisation économique et ses répercussions sur la démocratie. Images filmées à Québec, lors du Sommet des Amériques, en avril 2001.

Sébastien Pesot, membre fondateur et président du conseil d’administration de Perte de Signal, a obtenu, en 1996, un baccalauréat en histoire de l’art à l’Université de Montréal et, en 1999, une maîtrise de l’école des arts visuels et médiatiques de Montréal ( UQAM ). On a pu voir ses dernières réalisations dans une vingtaine de pays, à l’intérieur d’une centaine de festivals et événements, tels le Tampere International Short Film Festival ( Finlande ), Wro 01 et 03, biennale d’arts médiatiques ( Pologne ) ou Chroma ( Mexique ) où il a reçu le prix du public pour la meilleure vidéo. Son travail vidéographique propose un univers électroniquement altéré où la représentation du réel s’inscrit au moyen de métaphores visuelles.

DUBERRRGER
Nicholas Bolduc, Québec, Canada, 2001, 4 min. 09

Deuxième banlieue d’une probable série de quatre.

Nicolas Bolduc est à la Bande vidéo depuis 1999 à titre de directeur technique. Il a également été directeur de production pour plusieurs événements ou spectacles culturels comme le concours Vidéaste recherché(e), la Ligue Nationale d’Improvisation Musicale de Québec, Manif d’art 2, et les tournées de Mononc’Serge et de Fred Fortin. Il a réalisé quatre monobandes qui furent présentées au Québec, au Canada et à l’étranger.

WORLD TRADE OPERA
Alain Pelletier, Québec, Canada, 2003, 29 min. 30

8 minutes 50 secondes. Nous avons rejeté 375,000 tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Les arbres ont produit 171,000 tonnes d’oxygène. Ce film-travelling expose l’état du monde à travers une chronologie en temps réel des processus planétaires. Œuvre multilingue, l’auteur explore les possibilités expressives des outils numériques pour produire une incantation visuelle et sonore tendue entre perspectives globales et microperceptions, entre communication du sens et saturation incompréhensible.

Alain Pelletier est un artiste multidisciplinaire. Il a été remarqué comme comédien au Royaume-Uni. Il a dansé au Japon sous la direction de Min Tanaka. En tant qu’artiste visuel, il a exposé à deux reprises au Musée d’art contemporain de Montréal. Ses œuvres, diffusées dans de nombreux festivals internationaux, ont reçu plusieurs récompenses ; le prix CICV à la Manifestation Arts électroniques de Montréal ( 1993 ) pour Faux fluides, le prix du meilleur court métrage des Rendez-vous du cinéma québécois ( 1995 ) pour Faust Médusé, le prix du meilleur court métrage du FCMM de Montréal, le prix Vidéoformes au festival Vidéoformes, le prix Best Animation au festival Reeling de Chicago et une mention spéciale du jury au festival VideoArt de Locarno ( 1999 ) pour Die Dyer. Alain Pelletier vit et travaille à Montréal.

Nous remercions les artistes, l’Ambassade du Canada, le Ministère des Relations internationales ( Québec ), ArTeK, l’Office national du film du Canada, Vidéographe, Perte de Signal et la Bande vidéo.