Art public

Place d’Armes

ALICJA KWADE

Against the Run, 2022, installation

Against the Run est une véritable horloge de rue édifiée sur la place publique. Nonobstant sa présence quelque peu anachronique, signe d’un temps révolu où chacun n’avait pas encore accès à l’heure dans sa poche en permanence, l’horloge se fond, ni vue ni connue, dans la trame urbaine. L’œuvre furtive ne se révèle qu’à ceux qui s’arrêtent pour lire son cadran et qui en ressortent perplexes. Celui-ci tourne à contre-courant, comme s’il tentait d’échapper à son avancée inéluctable. Malgré son mouvement contre-intuitif et sa consultation rendue presque impossible, l’horloge déroutante indique toujours l’heure juste. C’est l’expérience familière de sa lecture, devenue seconde nature, qui se voit ici bouleversée.

Manif d’art et l’artiste remercient KÖNIG GALERIE Berlin | London | Seoul | Vienna.
Manif d’art and the artist would like to thank Parks KÖNIG GALERIE Berlin | London | Seoul | Vienna.

© Alicja Kwade, Against the Run, 2022, installation.

Parc de l’Artillerie

CANNUPA HANSKA LUGER

Before the Eye (antoillier), 2022, sculpture.

Au Parc de l’Artillerie, un panache monumental s’impose sur le paysage. Immense, il suggère le passage d’un caribou colossal et qui aurait perdu ses bois à la fin de l’hiver avant que les prochains ne repoussent, dans leur cycle de régénération perpétuelle. Devenue vulnérable à cause de l’activité humaine, cette espèce au cœur de la cosmogonie et de la survie de nombreuses communautés autochtones est devenue emblématique de revendications territoriales et identitaires.

© Cannupa Hanska Luger, Before The Eye (antoillier), 2022, sculpture.

Le Diamant, mur extérieur

CAROLINE CLOUTIER

Méandre, 2022, installation photographique in situ.

Caroline Cloutier s’intéresse à la fonction réfléchissante inhérente aux images spéculaires et photographiques, ainsi qu’à leur pouvoir d’évocation d’espaces virtuels. Elle emploie des miroirs et des photographies imprimées en grand format comme dispositifs de découpage illusoire des surfaces architecturales.

Place Ste-Foy

GABRIEL LESTER

Le Grand Boum, 2022, installation in situ.

Cette installation propose, dans une perspective théâtrale, un empilement de couleurs. Le public, qui active l’œuvre en la traversant, est invité à entrer soit par la porte arrière qui cache l’évolution intense de l’œuvre, soit par l’avant, disparaissant lentement dans et hors de l’œuvre.

Parvis de l’église Saint-Roch

GILLIAN WEARING

Photographies.

Extraordinaires dans l’exactitude de leur représentation, ces autoportraits présentés sur la place publique imitent avec minutie des effigies emblématiques de l’histoire de la photographie. Wearing arbore des masques de silicone hyperréalistes avec un seul détail déconcertant : la présence de trous décalés pour ses yeux, qui viennent court-circuiter l’illusion et en révéler la construction.

© Gillian Wearing, Me as Madame and Monsieur Duchamp, 2018.

Parvis de l’église Saint-Roch

JAMIE ISENSTEIN

Photographies.

Cette série photographique renvoie à l’expression d’une lutte charnelle lorsqu’on se pousse à travers blood, sweat and tears. Sous les apparences d’affiches publicitaires, les images font référence à de fausses fausses larmes, à de la transpiration synthétique synthétique et à des larmes artificielles artificielles. La présence du pléonasme souligne le double artifice ici à l’œuvre : il s’agit d’imitations de produits existants qui, à leur tour, imitent des fluides corporels. Dans Waxworks, l’artiste pose parmi des figures en cire au Musée Madame Tussauds. Figée, elle tente de devenir objet au même titre que les autres effigies.

© Jamie Isenstein, Artificial Artificial Tears, 2016.

Lieux et parcs multiples

JEANETTE ANDREWS

Invisible Museums of the Unseen, 2022, installation audio interactive et géolocalisée.

Invisible Museums of the Unseen offre une expérience sonore activée par géolocalisation, et son parcours invisible se déploie dans l’espace public. Intégré à une application mobile, un guide audio inusité s’accompagne d’une carte interactive qui oriente les déplacements. Les points de repère mènent les participants et participantes vers des « musées invisibles » constitués d’environnements sonores. Ces ambiances sont axées sur divers phénomènes naturels et physiques relatifs à l’univers de l’invisible : les ondes sonores, la gravité, la pression atmosphérique, le microscopique, le camouflage et l’écholocation.

Porte Saint-Jean

JEAN-PIERRE GAUTHIER

La pelle du printemps, 2022, sculpture sonore interactive.

La pelle du printemps est une sculpture interactive qui s’érige en ramifications foisonnantes, à l’image d’un arbre de métal et de plastique qui détonne dans le paysage. Des pelles à neige et leurs manches ont été fragmentés et reconfigurés en cette curieuse arborescence qui incite la participation ludique des passants. Lorsque tournées, les manivelles en poignées de pelle font retentir des gazouillis, sorte d’appeaux qui simulent le chant des oiseaux pour entraîner l’arrivée du printemps. Fidèle à sa pratique, Gauthier brouille la distinction entre le fabriqué et le naturel.

Oeuvre produite en collaboration avec Avatar

Lieu historique national Cartier-Brébeuf

MARK JENKINS

Hot Diggity, 2022, sculpture.

Le temps de la biennale, les personnages excentriques de Jenkins font leur apparition au lieu historique national Cartier-Brébeuf et s’adonnent à des comportements intrigants. Ils adoptent des postures hors normes et engagent des interactions inattendues, voire absurdes avec l’environnement bâti, convertissant ainsi des lieux ordinaires en espaces surréels pour les passants.

Oeuvre produite en collaboration avec EXMURO Arts public

Lieu historique national Cartier-Brébeuf

MEREDITH JAMES

Four Frames, 2022, installation.

L’installation consiste en une série de cloisons configurées en carrés concentriques et que l’on peut parcourir grâce à des percées en forme de porte. Pour amplifier artificiellement l’effet de profondeur du logement, l’artiste a subtilement déformé la figuration pour créer une perspective forcée. Ce n’est qu’en pénétrant dans les pièces successives que le subterfuge se révèle et que le visiteur se rend progressivement compte de l’impossibilité physique de l’espace dépeint, la distance entre les parois étant beaucoup plus étroite qu’initialement imaginée.

Gare Fluviale de Lévis

MICHAEL SAILSTORFER

Antiherbst, 2015, vidéo.

Antiherbst est une vidéo qui retrace une performance réalisée à l’automne 2012 sur les berges de la rivière Emscher, dans la région de Ruhr, en Allemagne. Enregistrée sur une période de huit semaines, cette vidéo semble dépeindre les saisons changeantes. Un grand frêne y devient progressivement jaune avant de reprendre tranquillement sa verdure. Étrangement, la transformation s’opère sans que les feuilles tombent au sol, comme si elles reprennent vie, dans un coloris surréel induisant un décalage avec le paysage environnant.

Place d’Youville

ANNIE BAILLARGEON

Les ruines des affamés (4), 2018, photographies.

Le travail de Baillargeon relate le corps féminin en interaction avec son environnement et dans son rapport à l’image. Sa démarche effleure des états de transition et de déclin à l’aune de préoccupations féministes par des stratégies d’autoreprésentation et de mise en scène.

Place d’Youville

NICOLAS BAIER

Photographies.

L’artiste propose une série d’images issues de processus de recherches complexes. Si Réminiscence permet d’imaginer l’instant de création de notre planète, Nervures ouvre à la contemplation du microscopique, par l’imagerie d’une puce électronique.

© Nicolas Baier, Reminiscence 2, impression au jet d'encre, acrylique, acier.

Place d’Youville

VIKKY ALEXANDER

Les Jardins de Versailles, 2021, collages.

L’artiste utilise des gravures de 1720 des fontaines de Versailles par André le Nôtre comme modèle de création, y annexant collages et images trouvées. Les impressions qui en résultent incorporent la couleur et le noir et blanc dans un paysage surprenant où l’abstraction et le réalisme se heurtent.

Vitrine/Galerie de Manif d’art, côte d’Abraham

ROULA PARTHENIOU

Untitled (Cube, Cylinder, Pyramid), 2019, sculptures.

Cube, Cylinder, Pyramid est une installation in situ qui transforme la vitrine de Manif d’art en espace d’exposition qu’un.e passant.e pourrait facilement confondre avec une devanture de magasin.