L'exposition
Dans cet ensemble de collages sur carton, Sarah L’Hérault compose de petites maisons colorées à partir de fragments de papiers issus de la culture populaire — papier peint, journaux, images tirées de vieux magazines. En détournant leur usage habituel, l’artiste confère aux oeuvres un aspect ludique. Ce procédé occupe d’ailleurs une place essentielle dans la démarche de l’artiste. Le titre de l’exposition lui-même amène une pointe d’humour, évoquant la crise du logement actuelle.
DÉMARCHE - le mot de l'artiste
"Puisant dans les domaines du morceau de plastique brisé, du design alimentaire moyen-oriental, du langage propre et ordurier, de l’ontologie des machins et du biscuit chinois mal traduit, je dessine, j’assemble, je parle et parfois j’écris. Je m’intéresse aux détails qu’on met de côté et qu’on ne devrait pas remarquer. L’ère post-industrielle me fascine, malgré sa vilaine réputation. Je cultive une relation privilégiée avec les artéfacts actuels, objets abandonnés, rebuts divers. Je les réorganise pour que leur caractère utile et symbolique se transforme. Ces nouveaux objets-symboles véhiculent alors des significations inusitées et forment des liens curieux, imprévisibles. Des histoires inédites émergent et je les raconte à ma manière. Je ne m’intéresse pas particulièrement au matériau de qualité. Je vise à découvrir le magnifique dans le moche, le brut, le cheap. Je cherche à construire des oeuvres qui ne doivent pas être prises trop au sérieux, mais qui sont plutôt animées par cet esprit du jeu et du ludique, dans une sorte de dérèglement des sens."