installation 3d
description de l'exposition
Elias Nafaa considère le verre comme un matériau mutable. Dans cette installation, il constitue un seuil : il vous protège du traumatisme, mais, une fois fracturé, il vous y plonge entièrement. Reprenant l’image précaire d’un pays constamment soumis à des explosions catastrophiques, l’œuvre transforme des armes de destruction en objets délicats d’étude.
Ces 300 armes de destruction ne représentent qu’une infime fraction du volume des frappes militaires d’Israël lors de la plus récente série d’offensives au Liban et dans les territoires palestiniens occupés. Entre le 7 octobre 2023 et le 4 septembre 2025, le tableau de bord du Beirut Urban Lab, basé sur les données d’ACLED, recense plus de 18 000 événements de frappes sur le territoire libanais. Chaque moulage correspond à un type d’arme réel avec sa propre identité destructrice et son usage spécifique. La taille de chacun des moulages dans l’installation reflète la véritable fréquence d’utilisation de l’arme correspondante.
Tout comme le verre peut évoquer la glace, et tout comme des Libanaises et Libanais peuvent, à l’instar de Nafaa, immigrer au Québec – où, au lieu de regarder par la fenêtre la guerre, elles et ils contemplent un paisible paysage hivernal –, l’œuvre traite des expériences diasporiques incarnées, liées à la mémoire, aux rêves et à la transmission.