Trois artistes québécoises exposent à Londres, cet été

Exposition - Shore Du 7 juillet au 24 septembre 2022, à la Maison du Canada, à Londres

Date

Du 7 juillet au 24 septembre 2022

Lieu

Londres

Exposition - Shore
Du 7 juillet au 24 septembre 2022, à la Maison du Canada, à Londres

Vernissage le jeudi 7 juillet 2022, à 17h30

Caroline Gagné, Nadia Myre, Anne-Marie Proulx, artistes
Jonathan Watkins, commissaire

Shore regroupe trois projets d’artistes canadiennes de la province de Québec. Dérivée de Manif d’art 9 – La biennale de Québec, dont le commissaire était Jonathan Watkins, l’exposition repose sur le principe fondamental que l’humanité est partie prenante de l’ordre naturel – et non contre la nature –, et suppose que la métamorphose perpétuelle est un fait de la vie. Comme le rivage, qui est soumis au flux et au reflux des marées, les œuvres de Caroline Gagné, Nadia Myre et Anne-Marie Proulx passent par des états changeants et s’inscrivent dans des perspectives évolutives.

Anne-Marie Proulx porte son attention sur le savoir ancestral et l’héritage symbolique des Innus de Pakuashipi, sur la Basse-Côte-Nord du Québec. Par des échanges prolongés avec la communauté innue et des explorations photographiques du paysage nordique, elle cherche à rétablir un lien émotionnel avec la terre en l’abordant comme un tout vivant et communicant. Pour cette exposition, Proulx dispose une photographie sur chacun des murs de la galerie de manière à évoquer les quatre points cardinaux. Comme elle l’explique : « L’Est est le lieu où le soleil se lève, ce qui permet de réfléchir aux commencements (de la journée, mais par extension aussi des saisons, de la naissance). C’est là où la lumière se manifeste. Les oies des neiges volent en formation en V selon un axe nord-sud. Le Sud est le lieu où le soleil est au plus haut. C’est la chaleur, les mouvements et les émotions. L’Ouest est l’endroit où le soleil se couche. Il est plus difficile de voir les choses, mais cela nous permet de voir différemment, de manière introspective. Au Nord, on peut trouver le monde des esprits, la sagesse, la connaissance, les choses que l’on ne voit pas mais qui sont néanmoins là. Et le Nord fait place à l’Est, aux nouveaux départs, invariablement. »

Adoptant une approche multidisciplinaire fondée sur les nouvelles technologies et la contemplation poétique, Caroline Gagné se consacre à la mise en forme artistique de phénomènes invisibles, comme les transformations subtiles de la matière. Intitulée Bruire, son œuvre consiste en une installation qui tire une diversité de significations du contexte dans lequel elle est présentée, notamment des œuvres des autres artistes exposants. Des haut-parleurs fixés comme des patelles sur une plaque de verre appuyée sur un poteau d’acier diffusent une composition réalisée à partir de sons enregistrés dans le jardin de l’artiste. On entend surtout le son d’une cloche qui résonne dans le vent. Au sol se trouvent une pierre et un iPhone ; au mur, une photographie encadrée qui renvoie à l’installation photographique de Proulx. Gagné résume de manière joliment concise sa démarche dans un texte récent : « Bruire est une œuvre dans laquelle la matérialité brute prime sur la représentation. L’acier, la pierre et le son créent un espace dans lequel la plaque de verre s’inscrit comme une membrane sensible contrastant avec le verre de l’écran de l’iPhone, qui est un artéfact culturel omniprésent dans la vie quotidienne. »

Algonquine membre de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg, Nadia Myre élabore des stratégies visant à restaurer le pouvoir symbolique des artéfacts et des savoir-faire autochtones. D’un point de vue critique, son travail reflète la dynamique colonialiste inhérente aux modes occidentaux de diffusion et de transmission culturelle. Le film qu’elle présente ici, Living with Contradiction, documente une table ronde tenue lors d’un sommet sur la vérité et la réconciliation (Banff, 2016). Les artistes, enseignants en art, conservateurs et écrivains qui y participent se montrent particulièrement préoccupés par l’espérance de vie des artéfacts autochtones. Ils critiquent le culte de la conservation qui caractérise les musées, réclamant plutôt une reconnaissance de l’impermanence des objets. Ils insistent sur une dimension spirituelle qui relève davantage de la transmission du savoir, ce qui est infiniment plus précieux que les reliques. Ils acceptent volontiers le flux et le reflux des marées.

 

 © Anne-Marie Proulx, Patshishimu (It is setting), 2022
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