Biennale de Québec

Parcours Saint-Roch

Publié le 6 avril 2026

 

Commencez par la Bibliothèque Gabrielle-Roy, puis poursuivez vers Le Lieu, Centre Materia et le Complexe Méduse.
Dirigez-vous ensuite vers La Chambre Blanche (à visiter avant 17 h).
Terminez votre parcours par le Centre Alyne-LeBel et La Charpente des Fauves, accessibles en tout temps.

Durée : environ 45 minutes
Distance : 2,5 km
Période recommandée : du jeudi au dimanche, entre 12h et 17h

Bibliothèque Gabrielle-Roy

350 Rue Saint-Joseph Est
Lundi au vendredi : 8h00–21h00
Samedi et dimanche : 9h00–17h00

Centre Materia

395 Boulevard Charst Est
Mercredi au vendredi : 13h00-17h00
Samedi et dimanche : 12h00-17h00

Le Lieu, centre en art actuel

345 Rue du Pont, Québec, QC G1K 6M3
Mercredi au dimanche
12h00 à 17h00

Coopérative Méduse

580 côte d'Abraham
Mercredi au dimanche
12h00-17h00

AVEC LES GALERIES :

L'Oeil de Poisson
Ahkwayaonhkeh
La Bande Video
Engramme
Centre VU
Vitrine/Galerie de Manif d'art

Côte d'Abraham

Dans les alcôves de pierre
À gauche de l'ascenseur
En face du 500 côte d'Abraham
Accessible en tout temps

La Chambre Blanche

185 Rue Christophe Colomb Est
Jeudi au dimanche
12h00-17h00

La Charpente des Fauves

206 Rue Christophe Colomb Est
Accessible en tout temps

Centre Alyne-LeBel

310 Boulevard Langelier
Accessible en tout temps

Bibliothèque Gabrielle-Roy

Jeune commissaire : Camille Biron
Artiste : Camille Ratté

S’exercer propose d’interroger les rapports complexes que nous entretenons avec les matériaux et les gestes. À travers quatre volets présentés dans les bibliothèques Claire-Martin, Gabrielle-Roy et Monique-Corriveau, le projet réunit les œuvres de Mylène Michaud, Carole Baillargeon, Zou Desbiens et Camille Ratté. En explorant le verre et le textile – deux techniques longtemps situées à la marge des beaux-arts –, S’exercer souhaite montrer comment ces pratiques participent pleinement aux débats esthétiques contemporains. Qu’il s’agisse de sculptures en verre évoquant la pluie verglaçante sur nos architectures ou d’œuvres textiles qui réinvestissent des techniques artisanales marginalisées, ces pratiques ouvrent un espace critique où se croisent enjeux climatiques et récits de résistance en rendant visible la porosité des cadres traditionnels entre art et artisanat. Cette exposition introduit des gestes de soin, des temporalités lentes et des matières fragiles qui nous amènent à percevoir la matière et le geste différemment.

Photo :

CENTRE MATERIA

ArtisteS : Antonio Pichilla et Maureen Gruben

Antonio Pichillá tisse le paysage à partir de savoir-faire hérités de la culture tz’utujil, transmis notamment par les femmes de sa famille, en déconstruisant et réinventant les pratiques textiles traditionnelles à l’aide d’un savoir incarné. Son installation, inspirée des paysages du lac Atitlán, réunit différentes œuvres – tissages enroulés sur des branches, hommages aux matriarches du tissage et pierres recouvertes d’étoffes – qui explorent les liens entre mémoire, territoire et matière vivante, tout en questionnant les logiques occidentales d’extraction et de conservation. Ses performances vidéo prolongent cette réflexion en mettant en scène son corps en relation avec la terre et l’eau, tandis que leur dialogue avec l’œuvre de Maureen Gruben souligne la dimension physique, symbolique et relationnelle du geste de tisser le paysage.

Photo : Ivan Binet

LE LIEU

Artiste : María Ezcurra

Dans Pas Perdus: Dedans et dehors, María Ezcurra utilise des couvertures de survie pour explorer les liens entre crise climatique, migration et précarité. À l’intérieur, elle crée un labyrinthe miroitant qui engage physiquement le public et évoque la désorientation et la violence vécues par les personnes migrantes, tout en opposant à cette froideur un espace de médiation axé sur le soin, l’artisanat et la communauté. À l’extérieur, elle installe un abri précaire dans l’espace public, mettant en lumière les réalités de l’itinérance, de la crise du logement et de la gentrification. Ensemble, ces œuvres soulignent la fragilité des conditions de survie tout en affirmant leur dimension collective, entre urgence, résistance et responsabilité partagée.

Photo : Elisabeth Joly

L'oeil de poisson
grande galerie

Artiste : Jota Mombaça

L’œuvre de Jota Mombaça prend racine dans les multiples histoires du fleuve Saint-Laurent, marqué par les circulations de peuples autochtones, la colonisation et la traite des esclaves. En immergeant ses tissus – ses « corps d’eau » – dans la rivière du Sud, l’artiste explore une « radicalité de l’engloutissement », où le textile, imprégné d’eau et de vivant, incarne à la fois une forme de liberté et les traces de violences historiques. Disposés en une enceinte close, ces tissus évoquent aussi des formes d’enfermement politiques et architecturales, tout en laissant apparaître une dimension hantée, porteuse des traces des performances passées et ouverte au-delà d’une simple appartenance locale.

Photo : Catherine Tetreault

l'oeil de poisson
petite galerie

Artiste : Catherine Arsenault

Dans Nos rivages, Catherine Arsenault explore le fleuve Saint-Laurent à travers une série de dessins réalisés sur le terrain, qu’elle transforme en vidéo d’animation pour évoquer notre lien intime avec ce territoire. En montrant les vagues et remous, l’œuvre met en lumière la puissance de l’eau, à la fois majestueuse et dévastatrice, tout en impliquant physiquement le regardeur·euse. La répétition du geste de dessin fait écho au mouvement incessant des vagues, et, une fois animés, ces tracés deviennent une danse où se rencontrent le corps de l’artiste et celui du fleuve, prolongée dans l’espace par une forme de littoral sculptée à partir de résidus de papier.

Photo : Catherine Tetreault

Ahkwayaonhkeh

ArtisteS : AMY MALBEUF ET JORDAN BENNETT

Dans cette exposition, Amy Malbeuf et Jordan Bennett explorent, chacun à leur manière, des formes de passage et de relation au territoire. Dans une performance en forêt, Malbeuf affirme son corps de femme autochtone en retirant successivement des couches de vêtements jusqu’à la nudité, inscrivant sa présence dans le paysage et ouvrant un portail symbolique vers différents mondes. À proximité, Bennett propose avec ses fishing holes une expérience d’écoute et de lenteur, invitant à entrer en relation avec l’eau et le vivant sous la surface. Ensemble, les deux artistes, ancrés dans leurs traditions Métis et Mi’kmaq, tissent une réflexion sur la transmission, la famille et le lien au territoire, en conviant le public à franchir, lui aussi, ces portails.

Photo : Catherine Tetreault

La Bande Video

Artiste : GLENN GEAR

L’installation de Glenn Gear s’inspire de l’acte de « briser la glace » comme passage entre différents mondes – sous l’eau, à sa surface et vers le ciel – évoquant des relations entre les milieux, les êtres vivants et les pratiques de subsistance. À travers deux projections numériques inspirées de sa pratique matérielle (perlage, travail de peau de phoque), il crée des formes animées rappelant des flocons et des kaléidoscopes, accompagnées du son des vagues. Entre celles-ci, des motifs stellaires et géométriques issus des savoirs inuit prolongent cette vision, tissant un réseau de relations entre territoire, culture, corps et environnement.

Photo : Ivan Binet

ENGRAMME

Artiste : ciwas tahos

Dans sa série Raw ⇆ Ripened ⇆ Happiness, Ciwas Tahos utilise son propre corps comme matériau pour interroger l’usage historique des tampons administratifs dans l’identification et l’effacement des peuples autochtones, notamment à Taïwan et au Canada. En mobilisant des dispositifs mécaniques qui impriment sa chair, elle met en lumière la violence bureaucratique exercée sur les corps et les identités, tout en réactivant un lien avec la culture atayal. L’eau, omniprésente dans l’encre et dans le corps, participe à ce processus performatif où la peau devient surface d’inscription, puis de transmission, laissant dans l’espace une trace durable de ces gestes.

Photo : Catherine Tetreault

CENTRE VU

Artiste :Carolina Caycedo

Dans sa pratique, Carolina Caycedo considère l’eau comme une entité vivante et spirituelle, au cœur de son projet Be Dammed, qui examine les impacts des mégabarrages en Colombie et ailleurs. À travers des œuvres comme Serpent River Book, déployé comme un fleuve dans l’espace, ou la vidéo Esto No Es Agua, elle explore les dimensions politiques, sensibles et sonores des cours d’eau. Avec Elwha’s Healing, elle évoque la restauration d’une rivière après le démantèlement de barrages, en proposant une vision renouvelée du paysage. Enfin, Fuel to Fire présente un rituel autochtone de restitution lié à la préservation d’un écosystème, soulignant des approches alternatives fondées sur le soin, l’équilibre et le refus de l’accumulation.

Photo : Ivan Binet

Vitrine/Galerie
de Manif d'art

Artiste : Catherine Arsenault

Dans sa pratique, Catherine Arsenault se penche sur les phénomènes observés en nature au cœur de territoires excentrés. Pour Nos rivages, elle a réalisé plusieurs dizaines de dessins du fleuve Saint-Laurent à différentes jonctions, qu’elle a ensuite transposés en vidéo d’animation. Pour elle, cette excursion graphique constitue une exploration de « notre lien intime et profond avec le fleuve Saint-Laurent ».

Photo : Catherine Tetreault

Côte d'Abraham

Artiste : couzyn van heuvelen

Dans cette installation, Couzyn van Heuvelen explore le lien entre corps, territoire et alimentation dans les cultures inuit, où la chasse et la relation au vivant sont au cœur des pratiques. En détournant les formats traditionnels pour créer des hameçons monumentaux et colorés (Nitsiit), il invite à réfléchir aux savoirs liés à la subsistance et aux interactions avec les animaux. L’œuvre met également en lumière les enjeux contemporains d’accès à la nourriture dans les communautés du Nord, soulignant l’importance de préserver les écosystèmes qui soutiennent ces pratiques essentielles.

Photo : Marc-Antoine Hallé

La Chambre Blanche

Artiste : elias nafaa

Dans cette installation, Elias Nafaa utilise le verre comme un matériau à la fois protecteur et fragile, qui agit comme un seuil entre distance et immersion face au traumatisme. En transformant 300 armes de destruction en objets moulés et délicats, il évoque la violence des frappes militaires récentes au Liban, chaque forme reflétant un type d’arme réel et sa fréquence d’utilisation. L’œuvre relie ainsi ces réalités à des expériences diasporiques, où mémoire, déplacement et contraste entre guerre et paysage paisible – comme celui du Québec – coexistent, faisant du verre une métaphore à la fois de la glace, de la rupture et de la transmission.

Photo : Ivan Binet

La Charpente des Fauves

Artiste : sabrina ratté

Sous les couleurs vibrantes d’un coucher de soleil, la première image de Terraforma dévoile un territoire inconnu, bien que familier. Les reliefs des montagnes et des lignes qu’on devine architecturales nous plongent dans un univers entre nature et science-fiction. Ici, l’eau – tout comme les humains – brille par son absence, tandis que le sol semble en avoir été vidé. La neige et l’hiver y sont omniprésents, revenant ponctuellement et créant un pont entre la glace virtuelle de l’œuvre vidéo et celle, réelle, de son lieu de présentation.

Photo : Catherine Tetreault

Centre Alyne-LeBel

Artiste : lori blondeau

Dans Asinîy Iskwew, qui signifie « Femme-rocher » en cri, Blondeau se met de nouveau en scène dans des paysages naturels, adoptant des poses sculpturales qui interrogent les conventions commémoratives de ce qu’on appelle le Canada. Vêtue d’une longue robe de velours rouge et se tenant droite sur des socles de pierre naturelle autour du site de Mistaseni, à Elbow Harbour, elle évoque la destruction, en 1966, d’immenses blocs glaciaires sacrés dynamités par le gouvernement de la Saskatchewan pour permettre la construction du lac artificiel Diefenbaker.

Photo : Marc-Antoine Hallé