EXPOSITION CENTRALE

Une exposition à parcourir, étage par étage — entre territoire, mémoire et transformation.

COMMISSAIRE:
DIDIER

MORELLI

 

ESPACE QUATRE CENTS

100 Quai Saint-André
Mercredi au dimanche
10h00 à 17h00

JUSQU'AU 19 AVRIL 2026

BILLETTERIE

Enfant (13 ans et moins): Gratuit
14 à 17 ans: 5$
18 à 30 ans: 10$
Adulte: 20$
60 ans et plus: 10$
Tarif solidaire
(revenu faible / précarité / sans-emploi) : 10$

Rez-de-chaussée

BRISER LA GLACE

L’exposition Briser la glace s’ancre dans une relation physique et symbolique entre le corps, la glace, la neige et l’eau, envisagées comme des espaces de transformation, de mémoire et de transmission. À travers des pratiques ancrées dans des traditions et des savoirs intergénérationnels – souvent portés par des figures féminines – les artistes explorent les liens entre territoire, identité et histoire, tout en dénonçant les effets du colonialisme, du patriarcat et de la crise climatique. Inscrite dans le contexte de Québec, lieu de rencontres entre peuples autochtones, colons et diasporas, l’exposition envisage le geste de « briser la glace » comme une action répétée, à la fois physique et symbolique, permettant de créer du lien et de faire émerger de nouvelles formes de compréhension.

1er étage

Danse dans la neige

Cet étage explore les relations entre corps, mouvement et paysages hivernaux à travers des gestes performatifs inspirés de pratiques ancestrales. Les artistes y mobilisent la répétition, le contact avec la neige, la glace et l’eau, ainsi que des formes d’action chorégraphiques pour créer des œuvres à la fois poétiques et politiques. En dialogue avec l’héritage de Danse dans la neige de Françoise Sullivan, ces pratiques incarnées relient passé et présent, tout en révélant les interactions sensibles entre matière, environnement et identité.

2e étage

Vêtir ceux qui sont nus

Cet étage s’intéresse au geste de se couvrir comme une manière d’habiter et de marquer le territoire. À travers le textile, la performance et la présence du corps, les œuvres explorent des formes d’inscription sociale et culturelle dans des environnements variés, du Nord aux territoires tropicaux. Inspirées notamment par l’intervention de COZIC, elles montrent comment ces gestes, même éphémères, laissent des traces durables et témoignent d’une relation intime entre corps, paysage et communauté.

3e étage

Arctic Hysteria

Ce niveau interroge les représentations coloniales du Nord et les récits qui ont contribué à pathologiser les corps et les cultures autochtones, notamment à travers le concept d’« hystérie arctique ». En réponse, les artistes proposent des pratiques de réappropriation et de relecture du territoire, mêlant savoirs scientifiques, imaginaires et expériences vécues. Leurs œuvres ouvrent ainsi de nouvelles perspectives sur l’hiver, l’identité et les dynamiques de pouvoir liées aux territoires.

À L'EXTERIEUR

Tania Candiani

Frozen River Listener, sculpture sonore, ABS et acier, 2025-2026

Si le fleuve Saint-Laurent est souvent apprécié pour la vue qu’il offre, son expérience passe par un ensemble de sens. À l’emplacement de l’œuvre de Tania Candiani, on aurait à une époque pu repérer des jumelles servant à admirer le paysage. Or, l’artiste souhaitait plutôt ramener l’implication du corps en se détachant de la vue, et de son intellectualisation. Dans cette œuvre, elle nous invite à expérimenter l’hiver en écoutant la glace et l’eau mouvante.

Le mécanisme employé s’inspire de la technologie des miroirs acoustiques, employés au cours des deux guerres mondiales pour déterminer l’emplacement des avions et des sous-marins, notamment. L’œuvre détourne ainsi un procédé militaire pour lui donner une fonction de contemplation. Nous invitant à « nous connecter à notre oreille géante », elle nous rappelle qu’au-delà de la violence et avant le combat pour agrandir ses frontières, il y a le territoire, il y a l’eau – et ici la glace.

 

JOI T. ARCAND

itihtin, Installation LED, 2026.

itihtin. « C’est ainsi que ça coule. » Figé comme dans la glace, ce mot nêhiyawêwin (cri) prend une forme presque abstraite; il faut un effort de rencontre pour appréhender une langue qu’on ne connaît pas.

Pour Joi T. Arcand, l’utilisation de syllabiques participe à son cheminement personnel de réapprentissage de sa langue, encore bien vivante. Bien que placée sur un territoire non cri, l’installation évoque des enjeux qui dépassent les limites d’une seule nation. Les efforts d’enterrement des cultures autochtones ont été répétés à travers les siècles par les forces coloniales, au Canada et ailleurs.

Si le combat pour la langue française est particulièrement féroce dans la province de Québec, on remarque toujours l’absence de langues autochtones dans l’espace public. Et pourtant, l’artiste rappelle ici que, malgré leur invisibilisation, celles-ci étaient présentes bien avant l’anglais et le français. Et elles le sont toujours. Dans sa forme évoquant la glace, l’œuvre témoigne de ce qui a été conservé à travers le froid.

 

ÉVÈNEMENTS

Table ronde: Solidarités cryohumaines

Cette table ronde organisée et animée par l'artiste-chercheure Marie-Hélène Roch (CELAT-UQAM) réunit femmes artistes, chercheuses et designers autour d’une réflexion sensible et interdisciplinaire sur les transformations climatiques et leurs répercussions sur nos relations au vivant.
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Performance Sylvie Tourangeau

Pour clore son œuvre performative en trois volets, Sylvie Tourangeau vous invite à une expérience collective en mouvement, au rythme du dégel printanier.
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