Expositions solos

Dispersés dans la ville de Québec et ses environs, les centres d’artistes et lieux de diffusion exposeront en synchronicité des œuvres qui présentent sous un angle particulier la thématique de la biennale. Il est toutefois possible de voir chez certains artistes des croisements dans l’interprétation. Les vernissages des galeries et des codiffuseurs auront lieu les 18 et 19 février 2022.

Avatar

KATIE PATERSON

Earth Moon Earth, 2007, installation sonore.

Dans la pénombre du studio d’Avatar, un piano automate reprend en boucle la sonate réalisée en collaboration avec un objet céleste. Le lent mouvement des notes aux amplitudes variables, fidèle à l’aura de la musique d’origine, laisse planer une ambiance à la fois morose et grandiose. En l’absence d’un interprète, la Lune semble faire acte de présence, comme si c’était elle qui menait la performance fantomatique.

© Kathryn Faulkner

ENGRAMME

DGINO CANTIN

Montée des eaux, 2022, installation.

À la suite d’une résidence de recherche et de production chez Engramme, Cantin propose un corpus installatif où s’enchevêtrent les modes d’expression et les matériaux. Il s’est engagé dans la création d’un ensemble sculptural polymorphe qui se déploie dans l’espace en proliférations organiques.

GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC

DIANE LANDRY

Quatre révolucœurs, 2021, installation cinétique et électronique.

Quatre révolucœurs est un ensemble de sculptures cinétiques et lumineuses dont les filiations formelles et gestuelles avec le règne animal, le corps humain et l’énergie invisible du vent laissent planer une intrigante polysémie. Bras dansants, créatures ailées, bêtes aquatiques ou voiles valsant dans l’air, les machines rituelles de Landry font basculer l’ordre ordinaire des choses dans une dimension irréelle.

Une production du Grand Théâtre de Québec. Commissaire : Ariane Plante.

LA BANDE VIDÉO

ANNIE BRIARD

Staring at the Sun, 2016, installation vidéo.

Évoquant l’adage selon lequel la fixation directe du soleil provoquerait la cécité, Staring at the Sun invite à enfreindre la règle et à prolonger le regard. Devant deux fauteuils dans une pièce assombrie, une projection énigmatique fait son apparition au mur. Ce disque circulaire traverse le spectre chromatique de la lumière visible, comme si la force aveuglante de l’astre représenté avait été désamorcée, ses couleurs constitutives compartimentées. L’installation est complémentée d’une ambiance sonore aux basses fréquences spécifiquement destinées à stimuler des réponses somatiques. Briard emploie une fréquence découverte par la NASA souvent associée aux apparitions paranormales, puisqu’elle provoquerait une vibration de l’iris qui peut causer des hallucinations visuelles.

LA CHAMBRE BLANCHE

DAVID ROKEBY

Timbre Space, 2021, installation cinétique.
Minimal Objects (With Time On Your Hands), 2012-2016, installation cinétique.

David Rokeby programme des logiciels en adoptant la posture d’un compositeur électronique ou d’un philosophe du technologique. Immersives, ses sculptures cinétiques, interactives et multisensorielles décortiquent et mettent à plat des enjeux propres à la technoculture contemporaine.

MAISON DE LA LITTÉRATURE

MARC-ANTOINE K. PHANEUF

Conspiration à go-go (extraits pour MANIF X), 2021, installation textuelle.

Affirmant sa posture double d’artiste-poète, Phaneuf propose, avec Conspiration à go-go (extraits pour MANIF X), une installation textuelle dont le dispositif immatériel se déploie sur l’ensemble des murs, du plancher et du plafond de la galerie à la Maison de la littérature. Étalé en surface avec une surcharge étourdissante, le dispositif enveloppe les visiteurs et visiteuses dans un tourbillon chaotique.

MUSÉE HURON-WENDAT

CANNUPA HANSKA LUGER

>^^iiwii^^< , installation. (Be)Longing, vidéo.

Une effigie de papier immaculé est assise « en indien », en lévitation méditative, et entourée d’artefacts aux allusions autochtones. Non sans ironie, il s’agit à vrai dire d’objets de consommation aux formes phalliques, tels que des jouets sexuels et des projectiles d’armement. >^^iiwii^^< souligne ici les dynamiques d’oppression insidieuses que sous-tend l’appropriation superficielle des cultures autochtones par les vagues de spiritualité New Age.

LUDOVIC BONEY

Mémoires ennoyées, 2021, photographies.

La pratique formaliste de Ludovic Boney allie les traditions culturelles à une esthétique résolument contemporaine. Qu’elles soient sculpturales, installatives ou, dans le cas de son projet pour la biennale, photographiques, ses réalisations sont continuellement enracinées dans les lieux qu’il investit, et en lien avec les résonances autochtones qui s’en dégagent.

REGART, CENTRE D’ARTISTES EN ART ACTUEL

MICHAEL SAILSTORFER

Tränen, 2015, vidéo.

Tränen est l’enregistrement d’une performance réalisée en Bavière. On y aperçoit une maison rustique graduellement anéantie au ralenti par une pluie colossale aux allures caricaturales. L’effet évocateur des dessins animés est produit par des boules de démolition en fonte d’acier moulées et colorées à l’image d’immenses gouttes d’eau, puis larguées à partir de grues. La dissonance formelle entre la légèreté attendue d’une averse et la lourdeur oblitérante de son simulacre démesuré induit la surprise. L’effondrement spectaculaire de ce foyer réduit aux décombres poussiéreux évoque parallèlement les cycles de la création artistique et de la régénérescence naturelle.

VU

NATASCHA NIEDERSTRASS

The Vanishing Woman/ Escamotage d’une femme, 2021, installation photographique.

Niederstrass présente une nouvelle série réalisée lors d’une résidence avec VU. Dans une mise en scène aux accents lugubres, l’artiste allie le photographique au sculptural en diverses déclinaisons formelles faisant allusion aux scènes d’escamotage prisées par les magiciens.

VIKKY ALEXANDER

White Lace and Blue Walnut, 2021, collages.

Figure majeure dans le domaine du photo-conceptualisme, Alexander travaille avec la photographie, la sculpture et l’installation. Elle présente de nouvelles oeuvres murales à VU, où notre expérience de la matérialité et des perspectives se trouve renouvelée.

LE LIEU, CENTRE EN ART ACTUEL

SKAWENNATI

Impressions jet d’encre et sculptures.

Typiques des représentations monarchiques, les portraits en pied réalisés en 1710 par le peintre Jan Verelst en révèlent beaucoup sur les stéréotypes que posaient les Anglais sur leurs visiteurs autochtones. Inspirée par les portraits des Four Kings, Skawennati imagine une version révisée de l’histoire où son avatar xox rendrait elle-même visite à la Reine pour faire valoir les préoccupations de sa communauté.