Description de l’exposition
Au creux d’une forêt enneigée, une personne vêtue d’une combinaison blanche avance, retire sa combinaison pour en dévoiler une autre, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’elle se retrouve nue. Par ses gestes, Amy Malbeuf affirme au sein du territoire son corps de femme autochtone – qui elles aussi, tout comme la forêt, sont objectifiées par le regard colonial – et sa relation avec le vivant, comme dans A Divine Persona of SWof1…Wof4. Au cœur d’un cercle de paillettes blanches évoquant une multitude de flocons, son corps semble flotter. Faisant partie d’une série de portails que l’artiste a réalisés depuis 2009, cette œuvre peut être une entrée comme une sortie, une voie vers la terre, la lune, l’univers, le ventre maternel, voire le vide.
Puis, tout près, d’autres portails nous mènent vers les profondeurs aquatiques. Avec ses fishing holes, Jordan Bennett nous invite, comme les pêcheur·euse·s sur glace, à prendre le temps. C’est seulement ainsi qu’on pourra entrer en relation avec l’eau sous le trou mystérieusement creusé au sein du plancher de la galerie, et peut-être y rencontrer le vivant qui s’y déploie.
Invité·e·s à participer ensemble à Manif d’art 12, Malbeuf et Bennett posent des gestes ancrés dans leurs traditions Métis et Mi’kmaq respectives. Ces savoirs, reçus de leurs ancêtres et de leurs proches, ils les passent aujourd’hui à leurs deux enfants. Par leur exposition, les artistes nous incluent ainsi d’une certaine manière dans le cercle de leur intimité, celle de leur relation au territoire et à l’hiver, celle de leur famille et de leur transmission, nous laissant à notre tour entrer dans un de leurs portails.
En codiffusion avec le Centre d’artistes Ahkwayaonhkeh.