À mesure que la glace fond le long du Saint-Laurent, des plaques se détachent et dérivent comme des îles mouvantes, emportant l’hiver avec elles. L’eau douce rejoint l’eau salée, et le fleuve s’ouvre à la mer. L’eau se souvient des passages qu’elle trace en nos corps jusqu’à de lointains rivages, charriant des histoires d’extraction et de dépossession tandis qu’elle traverse communautés et écosystèmes.
FAIRE EAU/TO SPILL réunit trois artistes qui interrogent les politiques et les poétiques de l’eau comme vecteur relationnel. Les artistes en suivent les mouvements dans les cycles corporels et hydrologiques, en portant attention à ses débordements et à sa désobéissance aux logiques capitalistes.
L’eau rappelle l’interdépendance des écologies mondiales et nos responsabilités envers les mondes plus-qu’humains. En quoi le fait de penser l’eau comme un corps reliant toutes choses peut-il perturber les récits extractivistes, inviter à des formes d’attention incarnées et favoriser des modes d’existence plus éthiques et plus interconnectés?
Ally Rosilio tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec.
