Description de l’exposition
Dans un ouvrage paru chez Kayfa ta, l’artiste Ali Yass explique avoir conçu The Cloudy Days (Les jours nuageux, 2019) selon une approche performative qui relie le processus au résultat. La pluie est considérée dans cette œuvre comme un événement, mais également comme une trace persistante. Cette création s’inspire de la méthode impériale américaine consistant à larguer des tracts depuis des avions, qui remonte à la Seconde Guerre mondiale. Elle établit aussi un lien entre les désastres de la guerre en Allemagne, le pays d’adoption de Yass, et son pays natal, l’Irak.
Les tableaux de Yass évoquent des masses d’eau en mouvement au-dessus de nos têtes, une nature resplendissante ternie par la guerre et les conflits, ainsi que la chair de celles et ceux qui vivent sur ces terres et reçoivent ces forces puissantes et mythiques. The Cloudy Days témoigne non seulement de l’impressionnante tempête de sable qui a retardé l’avancée des troupes américaines, mais convoque également la poésie du grand poète irakien Badr Shakir Al-Sayyab (1926-1964), tant dans son titre que dans son contenu et son imagerie.
Alors que les croisades militaires se poursuivent sous la forme d’une expansion néocoloniale et que les retombées de l’invasion de l’Irak en 2003 continuent de se faire sentir dans d’innombrables théâtres de « libération occidentale », The Cloudy Days nous invite à considérer l’accumulation des nuages et des précipitations comme une menace pour notre existence et notre humanité.